KTM Rally & Bosnia Tour - 2026

Verso l’avventura e la dolce vita italiana

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Le voyage en chiffres

Saison 9

Episode I

Introduction

Tout commence le 20 janvier par une épreuve qui n'a rien de sportif, quoique : l'inscription au « KTM Rally Italy », qui se tiendra cette année à Gubbio, en Ombrie, à une encablure d'Ancona. Deux cent cinquante pilotes, pas un de plus, sont admis. Les inscriptions s'effectuent en ligne et les places s'évaporent en quelques minutes. Par bonheur, mon inscription se déroule sans accroc. Fin janvier, mes vacances de septembre sont donc déjà scellées. Le compte à rebours est lancé.

Bruno Vincent Le voyage se découpe en deux volets. Le premier, c'est le rallye. Le second est une « remontada » taillée à mon goût : une halte au bord de l'Adriatique, en Croatie, permettra à mon corps de dissoudre mes efforts, suivis d'une exploration de la Bosnie-Herzégovine, puis d'un retour attendu avec impatience vers la Slovénie, dont l'éclat ne cesse de m'éblouir, et enfin la classique, inévitable et toujours excellente traversée des Alpes pour finalement rejoindre le Luxembourg. Vincent remontera directement sur le Luxembourg après le rallye.

Le reste du voyage se règle avec une simplicité déconcertante. Le ferry d'Ancona à Split est réservé dès le 26 janvier. Le volet bosniaque, lui, se dessinera plus tard, au gré de mes rêveries en explorant les cartes de la région.

La vraie question, celle qui aura mûri tout l'été, était d'une trivialité désarmante : comment rejoindre Gubbio ? Faire convoyer les motos ? Comment transporter les pneus ? Louer une camionnette ? Reprendre la formule de l'an dernier, avec voiture et remorque ? Ou, plus simplement, y aller en moto ! Nous avons frôlé la constitution d'un comité d'experts, esquivé un « mind map » d'une sophistication inouïe et nous étions à deux doigts de réaliser un PowerPoint. Deux semaines avant le départ, la sentence est tombée : ce sera en moto. Des motards qui se rendent à un rallye à moto, voilà une idée d'une folle audace !

J'imagine déjà les heures de lutte qui m'attendent, la poussière, la fatigue qui use, mais aussi cette récompense : la joie que l'on ressent quand on se dépasse. Mon fil rouge sera le même que l'an passé : « I will, I do — end of the story ! »

Le voyage

Il y a, à la veille d'un départ, une tension digne d'un archer. La corde est tendue depuis des mois — depuis le jour où l'inscription fut scellée — et, ce matin, enfin, la flèche est lâchée. Gubbio n'est encore qu'un nom posé sur une carte d'Ombrie, un point lointain vers lequel tout converge. Le rallye appelle, et cet appel résonne du son grave et têtu d'un tambour guerrier lointain.

Deux étapes sont prévues pour atteindre Gubbio. Non par goût de la lenteur, mais par refus d'une chose précise : s'infuser deux journées d'autoroute qui vous laminent l'âme et vous laissent à destination rincé. J'ai donc taillé l'itinéraire pour rationner l'autoroute et voler quelques virages en route. La transition n'est pas une corvée, c'est déjà le voyage.

Le rituel du matin s'accomplit dans un silence recueilli : sangler, vérifier, graisser, ajuster et contrôler la moto une dernière fois. Toni (c'est le surnom de ma moto), chargé et rassasié d'essence, attend patiemment. En milieu d'après-midi, rapide détour pour prendre Vincent et l'amener dans notre cavalcade, puis le Luxembourg s'efface doucement derrière moi.

The riders Jusqu'à Sarrebruck, il me faut payer le prix de la monotonie. Ce long ruban anthracite déroule sa rengaine et me sert son sermon soporifique — je l'écoute d'une oreille distraite, l'esprit déjà projeté au loin. Sarrebruck franchie, je m'échappe de l'autoroute.

Dès lors, tout change. La Sarre s'étire, l'Alsace bossue déploie ses collines rondes au loin. La route ondule sans hâte comme une houle longue sur la mer. La plaine est balayée par une brise tempêtueuse. Le thermomètre reste figé à 31°C, dernier sursaut caniculaire de fin d'été.

Dabo se dresse devant moi. Le rocher est planté là, insolent, portant sa chapelle Saint-Léon en équilibre au-dessus des cimes, telle une sentinelle qui aurait choisi son poste avec un goût certain pour la mise en scène. La route s'enroule enfin sérieusement. Épingles, appuis, relances : le pilote se réveille, la mécanique dialogue, les kilomètres cessent de compter. C'est peu de chose — une poignée de virages arrachés dans une journée de liaison — mais c'est précisément l'intérêt de ce petit détour.

La descente vers la plaine est une lente expiration. Le massif s'abaisse, la forêt s'éclaircit, et, soudain, l'Alsace se donne. L'Alsace, c'est un chapelet de colombages, d'enseignes en fer forgé, de géraniums qui dégoulinent des balcons — un décor de trains miniatures, mais à taille réelle! Sans oublier le piémont ourlé de vignes et leurs rangs alignés au cordeau, qui grimpent à l'assaut des coteaux. Tel le geste du semeur, la lumière de cette fin d'après-midi glisse sur les vignes et allume le paysage d'un or roux.

J'arrive à Kientzheim, blotti dans ses remparts, au pied du Schlossberg. Le village est une miniature : sa porte basse, son Lalli goguenard qui tire la langue aux assiégeants depuis des siècles, son château qui abrite la Confrérie Saint-Étienne. Trois cents mètres de ruelles et huit siècles de patience vous contemplent.

Le soir reprend son rituel : contrôle de la moto, douche, repos, atelier d'écriture. Un bon repas ponctue l'étape — juste récompense d'une journée qui n'avait pourtant que le titre modeste de « transition », mais qui a dignement célébré le début des vacances. Demain, seconde étape, et Gubbio se rapprochera d'un cran.

Six cols sont au programme de la journée : Susten (2224 m), Grimsel (2164 m), Furka (2431 m), Gothard (2107 m), San Bernardino (2066 m) et le « Splügen pass » (2113 m). Certaines étapes se savourent, celle-ci se dévore.

Cette journée, c’est avant tout un moment de partage avec, pour moi, un petit goût de nostalgie.

En 2003, lors de mon premier vrai roadtrip loin de mes bases, mon premier grand col dans les Alpes à moto fut le « Splügen pass ». Trois ans plus tard, en juillet 2006, vingt ans déjà ! , je souhaitais déjà faire partager à mon camarade Jacques l’ivresse des cols de la région. Nous étions partis de Locarno pour arriver à Levico; plus de 500 kilomètres de route de montagne. Nous avions expédié huit cols majeurs de la région dont le Saint Bernardino, le Passo dello Spluga (Splügen pass), le Passo del Majora, le Passo del Bernina, le Passo del Livigno, le Passo del Fuorn, le Passo del Stelvio, le Passo del Gavia et le Passo Di Tonale. Disons-le, c’était une autre époque où nous étions affutés comme des lames de katana.

Cette journée épique fut ancrée profondément dans nos mémoires tant par son aspect dantesque, que par la météo inouïe et le niveau de pilotage que nous avions distillé. Au creux de la saison moto, quand il fallait narrer un moment moto épique à nos amis, c’est ce moment qui revenait constamment années après années. Mais Jacques racontait inlassablement cette aventure, qui visiblement l’avait enchanté et marqué. Évidemment dans son récit, j’endossais toujours le rôle du "dingue" qui l’avait attiré dans ce traquenard. Jacques savait aussi tirer parti de cette histoire, pour narrer un de ses faits d’armes. Au début du Gavia, au bénéfice d’un feu de circulation, nous avions doublé une horde de Teutons. Visiblement, cette fanfrelucherie leur avait terriblement déplu et ils voulaient en découdre. Jacques, fine gâchette et pilote de haut vol, dégaina, à son image, un pilotage d’une rare élégance qui fit redescendre l’ardeur de ces gueux arrogants.

Alors, après avoir écumé un à un tous les cols suisses au-dessus de 2000 mètres, j’ai tracé la route du jour spécifiquement pour Vincent. J'ai le souhait de lui transmettre ce que j'ai mis des années à glaner col après col, et de lui offrir la quintessence de la région. C'est le simple plaisir d’offrir des paysages majestueux, de négocier avec délectation de belles trajectoires et de rester silencieux devant tant de bonheur ; savourer sans rien attendre en retour, sans guetter l’émotion ou quémander une approbation, laisser simplement les choses infuser pour que se déposent les souvenirs. Comme le dit le sage "mieux vaut avoir des souvenirs que des rêves!". Ce partage, c’est semer chez l'autre sans savoir ce qui y poussera et offrir simplement quelque chose de vrai, probablement un peu du reflet de soi-même.

Avant de savourer les moments d’extase qui nous attendent, il faut s’extirper de notre hôtel douillet. L'Alsace peu à peu s'aplatit et se dilue dans une plaine fonctionnelle ; un passage obligé pour atteindre la Suisse.

L’arrivée en Suisse se caractérise immédiatement par la méticulosité du paysage: haies taillées au cordeau, bois rangés, façades briquées ; tout est ordonné bien propret et agréable à l’œil. Même les vaches qui paissent arborent un sérieux professionnel.

Je passe Lucerne posée sur son lac. La route en épouse agréablement les berges. Tel un fjord norvégien égaré dans les Alpes, les falaises verticales tombent abruptement dans l'eau, austères et imposantes. Elles impressionnent et donnent de la solennité aux lieux.

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Lucerne passée, je m'élève dans le Meiental. Le décor change de nature. Le granit apparaît, dans son gris bleuté, poli et immense. Les mélèzes s'éclaircissent, l'herbe rase prend le relais, et le Susten me hisse jusqu'à 2224 mètres. La route a de l’élégance, tracée certainement par des ingénieurs qui devaient être un peu poètes ou artistes. Au sommet, le glacier du Stein pose son regard froid. L'air est vif, tranchant et tonifiant.

La descente sur Innertkirchen dévide ses lacets sans fin. À peine arrivé au fond de la vallée, il faut déjà remonter vers le Grimsel. Ici, tout devient minéral. La montagne se dépouille, abandonne la couleur, la douceur du vert des prairies s’estompe. Il ne reste que la roche nue, lustrée par d’anciens glaciers et de l'eau turquoise, laiteuse, retenue par quelques barrages. C'est un paysage austère, sans concession, mais une étrange alchimie oscille entre sublime et hostile — la nature ici me rappelle poliment notre condition de poussière.

Hotel Belvedere Vient l'ascension du Furka, le toit de l'étape à 2431 mètres. Les virages s'empilent sans fin. Passage obligé au virage du Belvédère, hôtel mythique qui semble encore vibrer du passage de James Bond dans Goldfinger. Chaque pierre semble retenir l’écho de son Aston Martin. Au sommet du col, la vue s'ouvre à 360° sur un monde de pierre et de neige. Ici, on ne roule plus, on se délecte, on admire, on devient humble.

Descente vers Bellinzona, ce qui permet d'enchaîner le Gothard et le San Bernardino, par l'ancienne route, et me fait esquiver Choir. J’aime la Suisse, ma banque et ma banquière, mais j’esquive Choir par précaution. Depuis ma remontée d’Albanie en 2024, l’endroit m’a laissé un souvenir amer. L’histoire d’un « flic » en voiture banalisée qui m’aurait pris en flagrant délit d’empiéter sur un « zebra » (marquage au sol). Cette forfaiture, qui apparemment ici représente un haut niveau de délinquance, m’a coûté, tenez-vous bien, la bagatelle de 1000€ d’amende ! Oublions l’esprit de délation qui rôde ici et avançons prudemment.

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Le « Splügen pass » empile savamment ses épingles jusqu'à 2113 mètres dans un paysage râpé, sec et pelé. Au basculement, tout se retourne d'un coup : les « tornanti » italiens dégringolent en cascade, les châtaigniers montent à la rencontre de la route, l'air se réchauffe, se parfume et la dolce vita s’invite à la danse. En moins de 20 kilomètres, j’ai changé de monde. Enfin le lac de Côme se dévoile, allongé entre ses versants abrupts, puis vient Colico où je m’arrête pour la nuit.

Six cols majeurs, près de 600 kilomètres avalés. Les paysages se bousculent dans ma tête sans vouloir se ranger. Il demeure ce sentiment d'une ivresse confuse, le léger vertige de celui qui a bu au tonneau plutôt qu'au verre. Demain, Gubbio !

Cette journée m'aura offert à peu près tout ce qu'un motard peut endurer et savourer dans la même journée. Le matin est un cadeau. Après le banquet de la veille, c'est comme retrouver une mignardise. Une truffe au chocolat joueuse qui s'était éclipsée et qui revenait me souhaiter une bonne journée. Cette mignardise se nomme le Passo San Marco. Le col s'élève à 1992 mètres. Les épingles s'enchaînent proprement, l'air est encore frais — tout pour éveiller le pilote. La descente sur le Val Brembana et ses fameuses sources San Pellegrino, se dévide comme un ruban. Le trafic à contresens est impressionnant; des vagues de motards défilent de manière ininterrompue.

Puis vient la plaine du Pô qui m'engloutit, corps et âme. Là commence le calvaire, ce long purgatoire où l'on rejoue toute la journée un arbitrage impossible : trouver la petite route qui évite les ronds-points en enfilade et serpente entre les champs, ou subir l'autoroute qui assomme sous ces 32 °C. Vaines réflexions pour dégoter l'alternative salvatrice — elle n'existe pas ! Il faut finalement fléchir devant l'ennui et avancer coûte que coûte. Les noms des villes défilent : Cremona, Parma, Modena... J'avance comme un robot dans un air étouffant, qui brûle les pommettes et dessèche les lèvres.

Pour rejoindre Gubbio, je décide de bifurquer à Bologne et plonger vers Florence. La récompense arrive dans la descente vers Florence, quand la ville se dévoile d'un coup, posée dans sa cuvette magistrale avec son dôme au milieu — deux secondes de grâce volées à une journée de labeur. La traversée de Florence, elle, est une épreuve : l’air est suffocant, le bitume renvoie la chaleur tel un four, et mon casque devient une étuve. Et puis, enfin, le Chianti, le Valdarno, Arezzo, l'Ombrie. La lumière toscane adoucit les assauts de la journée, elle dore les collines, allonge les cyprès, caresse la prairie — récompense visuelle, pleine de grâce, qui apaise. Après trois jours de route et 1452 kilomètres, Gubbio est atteint : l'aventure peut commencer!

04) 07.09.2026 - Gubbio - Repos

Gubbio

Le charme de Gubbio, agrippé à son flanc de colline, opère immédiatement. Les Ombriens étaient ici avant Rome. Les Tables eugubines, sept plaques de bronze gravées dans une langue morte, en témoignent. Rome a également laissé ses vestiges, dont le théâtre qui subsiste au pied de la ville. Une fois franchie la vaste place du bas de la ville, c'est un dédale de ruelles étroites et raides qui vous accueille. Les pierres portent des siècles d'histoire. On ressent, dans ces murs calcaires, toutes les histoires qu'ils ont absorbées : la vie des gens qui sont passés là, les saisons qui ont glissé inlassablement. Des âmes planent probablement dans ces pierres qui apaisent. La sérénité vient d'elle-même, sans qu'on l'ait vraiment cherchée. Gubbio est beau.

Les formalités pour le rallye se font avec facilité. Toni hérite d'une belle paire de pneus tout neufs. C'est surtout l'heure des retrouvailles avec les compagnons des anciennes campagnes. On se sourit, les accolades sincères s'enchaînent. La convivialité et la fraternité sont là, le contact est facile entre tous. Les vedettes, ambassadeurs et pilotes KTM, sont présents et accessibles. Un clin d'œil complice avec Kris Birch fait plaisir. J'ai eu le privilège de rouler toute une matinée avec lui au Portugal. J'ai l'impression de retrouver une grande famille. L'après-midi sera consacré au repos, et les choses commenceront vraiment avec la photo de groupe à 18h.

05) 08-10.09.2026 - Gubbio - KTM Rally

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Réveil à 6h00 — oui, je sais, je suis en vacances ! Le début des festivités est prévu à 7h30. Le petit-déjeuner est rapidement expédié. Flanqué de mon numéro 96, plein d'enthousiasme mais un soupçon tendu, je rejoins mon team. Briefing d'usage et c'est parti. Comme à l'accoutumée, je m'installe en fin de groupe pour observer et rouler à ma main. Le début est une mise en jambe raisonnable, puis certaines descentes nécessitent de l'application pour éviter de fâcheuses cabrioles. Tout va bien pendant ces deux premières heures.

Gubbio

Arrive une section plus roulante. Les participants soulèvent une abondante poussière. La moto que je suis m'inonde de ce brouillard opaque. La trajectoire devient compliquée. Regarder au loin ne sert pas à grand-chose : je n'y vois rien. J'ai beau me répéter qu'il faut laisser de l'espace avec celui qui me précède, je lui colle au train. Évidemment, il arriva ce qui devait arriver : au détour d'une ornière masquée, ma roue avant part à droite, la roue arrière décide de vivre une autre histoire, et c'est la cabriole inévitable. Rien de dramatique. J'obstrue l'unique passage étroit et crée un petit bouchon le temps de relever ma moto. Un camarade m'aide promptement et tout rentre dans l'ordre. Néanmoins, je sens une gêne sur ma hanche gauche — rien de préoccupant.

La matinée avance, les difficultés s'enchaînent. Je suis dans le rythme, tant sur le plan technique que sur celui de la condition physique. La trace s'engage sur une piste gravillonneuse rapide. C'est un environnement où je me sens en confiance, où je peux tirer avantage de mon gabarit. Le rythme est bon. Je suis entre deux concurrents et la voie est libre devant moi. Sur un beau gauche qui se resserre, par étourderie, je ne charge pas assez ma roue avant et fais un magnifique 180°. Ça fait bien des années que je n'avais pas pris une belle « gamelle » comme celle-là. Le plus rageant, c'est que si je faisais des cabrioles dans des endroits techniques, je ne pourrais m'en prendre qu'à mon manque d'expérience — mais là, tout allait bien. Ma hanche gauche a fait office d'amortisseur, malgré les protections de mon pantalon. Mon corps me rappelle immédiatement qu'il n'apprécie pas mes fantaisies. Évidemment, la moto est en sortie de virage, des concurrents arrivent bon train et m'évitent de justesse. Après avoir mis la piste en sécurité, mon collègue irlandais m'aide à remonter sur la moto. Là, je sens que ce n'est pas terrible. Je rejoins le groupe. Nina, notre leader, me donne une compote pour me refaire rapidement du sucre et récupérer. Quelques rapides minutes s'écoulent et nous repartons. Heureusement, je profite d'une section de route pour remettre les idées en place. Je regarde la trace et informe Nina que je vais à la pharmacie du village le plus proche.

La pharmacienne est d'une complaisance incroyable. Je lui explique rapidement mon aventure. Probablement à ma tête déconfite, elle comprend mon état. Sans ordonnance, elle me donne la boîte magique pour soulager mes maux. Après ma prise médicamenteuse et un abondant auto-massage de la hanche au gel anti-inflammatoire sur le parking du village, je rejoins la troupe à 13h au ravitaillement. La question est cruelle : continuer l'aventure au risque de rechuter et de sonner l'arrêt définitif de mes congés, ou suspendre cette journée et aviser demain. La raison me conseille de rentrer directement à l'hôtel par des petites routes.

Bruise Je ne souffre pas trop, les médicaments semblent faire effet. Je remarque que mon ouverture de hanche est limitée et que les petites bosses sur la route me procurent de la gêne. Néanmoins, je profite de la beauté des paysages, qui me rappellent incroyablement mon Ariège natale. Cela m'apporte un réconfort inattendu.

Arrivé à Gubbio, je rends mon transpondeur au paddock et passe au point médical. Rien de cassé ni de déplacé, mais un énorme hématome assez douloureux se forme sur ma hanche. Je marche de plus en plus comme un canard. Je profite de l'infrastructure de mon hôtel pour m'hydromasser, m'étirer dans la piscine et dormir pour récupérer. La soirée en compagnie de la colonie orange et de Vincent me fait vite oublier les péripéties de la journée.

Le 9 au réveil, le diagnostic est clair : il est inutile de penser faire le parcours prévu. Je me déclare forfait. J'enfourche la moto pour passer au ravitaillement de midi et faire du tourisme entre Ombrie et Marches. Les paysages sont de toute beauté. Le soir, je reste à l'hôtel et me dispense des festivités habituelles.

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Le lendemain, même si je vais mieux et que je serais potentiellement prêt à essayer de rouler, il pleut des seaux et l'orage gronde — inutile d'aller expérimenter de nouvelles cabrioles dans la boue. Au vu des conditions, l'organisateur informe que certaines sections de piste sont fermées, boueuse, glissante et dangereuse : un détour pest obligatoire. Je n'ai aucun regret et profite de la journée pour visiter Gubbio et me reconsolider en vue de mon escapade croate et bosniaque.

La matinée s'écoule paisiblement : les derniers adieux, les derniers mots, les derniers sourires en attendant l'année prochaine et l'Albanie, du 4 au 8 octobre 2027. Rien ne me presse, je laisse le temps s'égrener et profite de la sérénité de l'hôtel. Je sélectionne les routes les plus tarabiscotées entre Gubbio et Ancona, où je dois embarquer vers 17h30 pour un départ prévu à 19h30.

Entre les reliefs farouches de l'Ombrie et les premières douceurs des Marches, la route déroule un théâtre de collines variées et merveilleuses. Les villages, flanqués de leurs façades couleur miel, accrochés à la colline, semblent veiller sur des vallons où la lumière se dépose avec délicatesse, comme sur un feutre velouté. À mesure que j'avance, les teintes s'enhardissent : l'ocre s'enflamme, le brun se fait vif, et chaque courbe improvise une nouvelle symphonie chromatique. Puis soudain, au détour d'un col, la mer apparaît — fine, droite, presque insolente — un trait d'indigo tiré au loin sur la ligne d'horizon.

Quelques dernières routes confidentielles et me voilà à Ancona. L'endroit m'est connu. Néanmoins, trouver le « check-in » nécessite de m'y reprendre à deux fois. Le reste est un flot maîtrisé : patienter, embarquer la moto dans le ventre du navire et prendre possession de ma cabine.

J'aime les ferries, car il n'y a plus d'arbitrage à faire, plus de carte à consulter, plus de trajectoire à négocier. Il suffit de se laisser faire. Autour de moi, le panaché bigarré des passagers compose un tableau qui est toujours un ravissement — les routiers ; les familles qui ont colonisé trois rangées de sièges avec un sérieux militaire ; les habitués qui ont leur routine; les vieux couples silencieux ; les motards, reconnaissables à leur démarche raide et à leurs cheveux plaqués de sueur. Autant d'histoires parallèles qui échouent là et entrent en collision. Le cadeau du ferry est de sortir du temps et des standards. Les heures ne comptent plus, l'étape n'existe plus, il n'y a que l'eau et le temps qui défilent, et le soir qui vient. Je m'accoude au bastingage, la peau enfin fraîche, je regarde le ballet des camions sur le port, l'agitation de la ville, et j'admire le ciel s'embraser avant une nouvelle aurore.

07) 12-15.09.2026 - Medići (HR) - Repos

Medići

Pour avoir fréquemment utilisé les ferries, je sais que les débarquements ont souvent une atmosphère électrique. L'empressement des passagers à retrouver la terre ferme est palpable, et l'équipage s'active à tout nettoyer pour une nouvelle rotation. Aujourd'hui, personne ne vient tambouriner à ma porte à une heure indécente, pas d'annonce tonitruante au haut-parleur dans la cabine : tout semble serein — ou je n'ai rien entendu, ce que je ne peux pas exclure. Je m'extirpe d'un sommeil bien bercé toute la nuit par l'allure chaloupée et le ronron des moteurs. Je me réveille paisiblement et remarque que le bateau est déjà à quai à Split. Je m'habille promptement, rejoins la moto, n'attends pas plus de cinq minutes pour retrouver mon Toni, charge, et me voilà déjà à 7h30 sur la route côtière. Un tempo incroyable, dépourvu de toute agitation.

Je décide d'aller déposer mes bagages à l'hôtel, qui se trouve à Medići, un peu moins de quarante kilomètres au sud de Split. La route côtière, que j'avais déjà empruntée, est merveilleuse. Le sens nord-sud me semble l'option optimale pour en profiter au mieux, car la mer est à main droite. J'apprécie les dégradés turquoise, les camaïeux de verts et les bleus que l'Adriatique m'offre. Cette route côtière croate me donne l'impression d'être en congés depuis des semaines. Il flotte un air d'arrière-saison, en ce week-end de mi-septembre, qui ajoute une touche de douceur et de nonchalance.

Je dépose mes bagages et profite de la convivialité de mon hôtel pour prendre mon petit-déjeuner face à la mer. La transition est brutale. Je viens de quitter la terre du rallye, celle de l'Ombrie et des Marches qui parlent vrai, et voilà que la route se met soudain à sentir la crème solaire. Je laisse derrière moi le pays des mains calleuses et des bottes poussiéreuses qui ne craignent pas la boue, pour entrer dans celui où l'on salue la mer à coups de selfies, de belles manières et de coquetteries.

Je m'amuse à regarder le cérémonial indigeste qui m'est offert sur ce bout de crique. Celui du selfie de masse, cette petite exécution intime pour livrer au monde une tête bien cadrée, propre, filtrée, vidée de tout ce qui pourrait ressembler à une pensée. Comédie où l'on devient le bourreau de son propre visage, le torturant jusqu'à ce qu'il devienne conforme, lisse et présentable aux dogmes. Autel de l'auto-idolâtrie, temple des poses étudiées, des sourires figés et des grimaces mal éclairées ; un culte où l'individu est à la fois l'officiant et l'assemblée. Grande foire aux vanités, exhibition de pixels où chacun avance le bras tendu, grotesque pénitent brandissant sa propre effigie ! L'important est de paraître, de se montrer, avant même d'avoir ressenti l'instant.

Là, ce bout de mer, bercé par l'ombre d'un pin parasol, n'a que faire de cette farce. Il appelle, il supplie humblement qu'on s'imprègne de l'instant. J'espère que la poésie du lieu finira par s'éveiller en eux.

Medići-Omiš

Le temps que mon logis soit prêt, je vais à Omiš nettoyer Toni et siroter un verre en terrasse. J'emprunte la route qui passe dans les hauteurs, et me voilà rattrapé par une double désolation. La première vient de l'épais panache de fumée qui s'échappe de l'incendie sévissant sur l'île de Brač, de l'autre côté du bras de mer. Toute la journée et jusqu'à la nuit, le feu a mangé la colline comme une bête affamée, brûlant le maquis, avalant les pins, ne laissant que désolation. À la nuit, la lueur des flammes continuait de colorer le ciel d'un sinistre pourpre. Je me sens fantassin romain, désespéré, regardant Rome brûler.

La seconde désolation est le drame qui s'est joué ici, il y a quatre semaines. De la bourgade où je réside jusqu'à Omiš, le feu a sali la montagne. Le feu détruit, certes, mais surtout il endeuille : il retire la couleur, il retire le bruit du vivant, le froissement de la feuille sur la terre, et il souille le charme des lieux. Les parfums du pin et de la garrigue se sont évanouis avec la suie, laissant une odeur âcre et pénétrante qui demeure en suspension. Triste spectacle que ces carcasses de voitures calcinées empilées, ces pins tronçonnés, cette terre noircie, rase et tondue jusqu'à la roche. La colline est drapée maintenant d'un noir qu'aucune veuve n'oserait porter.

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J'annonçais en introduction que ces trois jours croates dissoudraient la fatigue accumulée. Je ne croyais pas si bien dire. Le programme est d'une exigence qui force le respect : sédentarisation assumée, sieste obligatoire, gastronomie appliquée, dégustation de breuvages locaux, barbotage dans la mer et repos. Il me faudra m'astreindre à une discipline irréprochable ; aucune concession, entorse ou digression ne sera faite à ce régime qui s'annonce déjà pénible !

Je quitte rapidement la route côtière, toujours aussi belle, et remonte les gorges de la Cetina. En quelques kilomètres, les paysages de carte postale de la Dalmatie cèdent la place à un arrière-pays sec, pierreux, presque désert. Le touriste y est absent, les villages rares, la végétation se rabougrit, les murets de pierres sèches quadrillent la lande.

Je passe par le poste frontière de Kamensko. Les formalités s'accomplissent rapidement et la Bosnie s'ouvre d'un coup sur une immensité que rien n'annonçait : le grand plateau de Livno, ses polje interminables, son horizon plat, cerné de montagnes bleues. Le lac de Buško est là, énorme, posé sur cette steppe comme une erreur. Il étale son eau bleue; elle plisse sous un vent qui ne semble jamais devoir s'arrêter. Pas un arbre, pas une ombre : je suis cerné par une lumière qui écrase tout. C'est un paysage de bout du monde, austère et magnifique, où je me sens à la fois minuscule et parfaitement à ma place.

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Je fais cap vers le sud. Le calcaire est partout, gris, troué, éventré, typique d'un relief karstique ; les collines ne sont plus que des ossatures de rocaille que la garrigue peine à recouvrir. Entre Posušje et Grude, je traverse des dépressions cultivées — tabac, vigne et quelques figuiers. L'altitude chute progressivement, la terre rougit, la température grimpe au-delà des 30 °C.

J'espérais voir les chutes de Kravica, qui se jettent sur une trentaine de mètres en un rideau d'eau large et généreux. L'endroit est cadenassé : parking, ticket obligatoire, marchands du temple, tout y est touristique. Je rebrousse chemin, dégoûté !

Počitelj se dresse devant moi, accrochée à son versant depuis cinq siècles : la forteresse en haut, le minaret blanc au milieu, et ses maisons ottomanes qui dégringolent jusqu'à la rive. Plus loin, Stolac offre un répit vert, des moulins, des jardins — et les stećci de Radimlja, ces tombeaux médiévaux plantés dans l'herbe, massifs, avec leurs silhouettes gravées qui vous saluent le bras levé. Les façades de certaines maisons portent encore les stigmates de la guerre, et même trente ans plus tard, des noms comme Srebrenica me reviennent tristement en mémoire.

J'arrive à Blagaj, au pied d'une falaise verticale de deux cents mètres de haut. La Buna y jaillit littéralement de la roche — pas une source qui suinte, non : une rivière entière qui sort de la montagne d'un jet puissant et turquoise. Contre cette paroi, se blottit la tekija, monastère derviche (établissement religieux musulman soufi), posé là depuis le XVIe siècle.

Outre ses paysages somptueux et son dépaysement, la route bosnienne réserve parfois des surprises saisissantes. Nous connaissons tous le rainurage, ces stries longitudinales utilisées avant de resurfaçer une route — mais le Bosniaque pousse le jeu plus loin! Il creuse un sillon qui tient autant de l'ornière que du rail de tram. L'effet dans les virages est spectaculaire : la moto s'y engage, se fait happer, rebondit et négocie sa propre trajectoire. Heureusement, Toni, ses pneus dentus et sa suspension de feu, avalent ces obstacles sans sourciller. J'imagine volontiers la perle de sueur — et de peur — qui ruisselle sous le casque d'un jeune motard lâché là-dessus. Ajoutez-y la pluie et la nuit, et le jeu doit devenir franchement délicieux !

Quelques kilomètres encore et j'arrive à Mostar, hérissée de minarets et de clochers, où je poserai mes bagages pour deux jours. Le plus troublant, c’est ce sentiment qui m' accompagne depuis la frontière de Kamensko jusqu'aux abords de la ville : sur cette bande de terre, l'identité bosnienne semble confuse, presque en retrait. L'empreinte du christianisme y est plus marquée, et les drapeaux croates flottent un peu partout. Cette journée n'aura pas seulement été un superbe carrousel de paysages, ce fut aussi un kaléidoscope où se mêlent géologie et culture. L'intrication des cultes qui s'entremêlent ici comme les fils d'une tapisserie, ramène toujours à la même image : celle du funambule qui, même hautement entraîné, n'est jamais à l'abri d'une secousse — et ce pays sait ce qu'il en coûte.

Ce matin, je n'avais qu'une envie simple : aller flâner du côté du Durmitor, à la bordure du Monténégro. Rien ne laissait présager une cavalcade hallucinante de 367 kilomètres de routes de montagne et de virages aux panoramas exquis.

La journée commence par la remontée vers Nevesinje, que je connais désormais : le calcaire partout, et ce plateau qui ouvre l'horizon. Puis la route file vers Gacko et son énorme centrale électrique, qui avale la lignite de la montagne environnante et ne laisse derrière elle que d'immenses trous béants. Le pays change alors de nature. Je roule à mille mètres d’altitude sur des plateaux herbeux que rien ne vient interrompre — ni haie, ni clôture, ni arbre — rien que l'herbe rase et les troupeaux. Les villages sont rares, le trafic clairsemé, et ce vent incessant qui balaie tout.

Dans la descente vers la Sutjeska, la forêt reprend ses droits : une vraie forêt, dense, aux verts profonds. Puis Brod, et la Drina qui roule son eau verte. La remontée par la Bistrica enchaîne gorges étroites, ponts et virages en corniche — de quoi mériter à elle seule l'éloge de la journée.

Et puis vient le moment que je n'attendais pas. Après tout ce voyage, après les cols alpins — le Grimsel et sa roche polie, le Furka et ses deux mille quatre cents mètres, le Susten et son architecture d'orfèvre —, je croyais la boîte à merveilles déjà pleine. Le tronçon entre Gračanica et Odžaci est venu rebattre la donne. La route grimpe sur le plateau de Bjelašnica et me dépose dans un monde que je n’attendais pas : des villages de pierre, des bergeries accrochées à des pentes d'herbe rase, des troupeaux qui traversent sans se presser. Et partout cette immensité pastorale, silencieuse, dépouillée, où le canyon de la Rakitnica ouvre soudain sa faille à mes pieds. Au col, à 1 623 mètres, je m'arrête. Je coupe le moteur. Il n'y a rien à dire, rien à photographier qui rendrait justice, rien d'autre à faire que rester là. Une émotion brute, que je n'avais pas ressentie depuis des lustres, de celles qui vous prennent au ventre — et que ni les Alpes ni rien d'autre dans ce voyage ne m'avait donnée avec cette force. Sur ces quelques kilomètres, je me suis lancé à moi-même des dizaines de « wahou » et de « c'est incroyablement beau ».

Émerveillé, je m'arrête au hasard dans une épicerie qui devait déjà exister du temps de la Yougoslavie — et sa tenancière aussi. Le commerce est d'une simplicité poussée à l'extrême : une table à gauche de la porte où deux femmes papotent, un store pour se protéger des ardeurs du soleil, un frigo vitrine dehors pour les boissons fraîches, et à l'intérieur, des produits posés à même le sol ou rangés sur des étagères de bois. Le strict nécessaire, rien de plus. Je me décide pour une banane, un coca et une bouteille d'eau. Le tout me coûtera 2,50 € — cinq marks convertibles (monnaie bosniaque)!

La descente sur Glavatičevo achève le travail. La Neretva coule dans un vert émeraude d'un bel effet. Puis Konjic, Jablanica, le lac, et le canyon qui redescend vers Mostar entre ses parois de calcaire. Cette route est objectivement belle — j'en conviens —, mais ce soir, elle m'a paru fade. Presque banale. Voilà l'effet redoutable d'une immersion dans le beau et l'émotion extrême : il gâche le beau ordinaire qui vient après. Je rentre à Mostar avec le sentiment d'avoir touché une émotion rare, celle de se faire ensevelir par la beauté et chavirer sans savoir, ensuite, comment raconter l'instant.



Conseils & Recommandations

Toutes les recommandations ci-dessous sont des références non-sponsorisées

 Les routes immanquables

 Traces & Gpx

 Les très bonnes adresses

Se loger / Se restaurer

 Document(s)

 Les bons vins

Pour compléter la découverte un florilège des beaux vins rencontrés.

wine label recto France - Alsace - Un pinot noir, en rouge, doté d'une belle élégance wine label verso

wine label recto Italie – Ombrie – Un rouge exceptionnel wine label verso

wine label recto Italie Ile de Vis – Lipanović Vugava – Un blanc minéral, généreux, à la robe dorée, une note de pêche blanche en bouche et un esprit tropical, très délicat. wine label verso

wine label recto Italie Dalmatie - Dingač - Benmosche – Un rouge (cépage Plavac Mali), tannique et puissant tout en restant très équilibré en bouche. Des notes de prune, mûr, figue avec une touche de garrigue ce qui donne une finale longue. Une merveille avec de la viande. wine label verso


Tableaux de bord

Ce tableau de bord vise d'enregistrer la consommation de carburant. La consommation de carburant permet de calculer l'empreinte carbone du voyage et de compenser cette dernière. La compensation se fait via des programmes de reforestation. Cette solution est, certes, imparfaite mais c'est un acte concret qui permet d'être conscient des enjeux climatiques et de modestement contribuer à minimiser son impact quand on voyage. zero-carbon-icon

Tableau consommation carburant

Date Index kilomètrique Litres de carburant acheté Coût € Commentaire
04.09.2026 18.482 LU - Départ
04.09.2026 18.752 13,74 30,56€ SP98
05.09.2026 19.017 10,50 23,65€ SP98 - 22.25 CHF
05.09.2026 19.240 11,63 27,68€ SP98 - 26.04 CHF
06.09.2026 19.438 11,84 24,62€ SP95 - IT
06.09.2026 19.673 13,73 28,89€ SP95 - IT
07.09.2026 19.937 14,11 29,33€ SP95 - IT
09.09.2026 20.237 16,08 33,11€ SP95 - IT
12.09.2026 20.455 13,08 21,01€ SP95 - HR
15.09.2026 20.731 15,88 26,72€ SP98 - BIH - 52,25BAM (1,68€/l)
16.09.2026 21.028 15,41 27,10€ SP95 - BIH - 53,01BAM (1,76€/l)

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